La légende de Saint Hubert


A la fin du moyen-âge, le seigneur de la Séguinière Monsieur Lyrot de La Renolière venait souvent passer quelques jours dans son château. Il aimait chasser dans la grande forêt qui occupait le nord de son domaine. Lors d'une chasse, il fut mordu par un chien qui lui transmit la rage. Cette maladie n'avait aucun remède. De jour en jour l'état du seigneur se dégradait. Pour seul soin, il priait dans la chapelle de son château en invoquant Saint-Hubert qui, lui avait-on dit, guérissait ce terrible mal.

  

 

Dans un moment de désespoir, il fit la promesse, contre sa guérison, qu'il irait se recueillir sur la tombe du saint dans les Ardennes belge et construirait, dans sa petite chapelle qui deviendra plus tard l'église de la Séguinière, un monument à sa mémoire.

 Peu à peu, son état s'améliora et sa guérison fut totale. Il tint la promesse faite en entreprenant un long voyage vers les Ardennes, un parcours ponctué de chemin creux, de sentiers caillouteux. Enfin, il pu s'agenouillé devant le tombeau de Saint-Hubert. Dans les moindres détails, il observa les sculptures, les décors et l'environnement  de ce sanctuaire pour les reproduire à la Séguinière.

Mais avant de partir, il ne pu s'empêcher de dérober, discrètement, un doigt du saint dont les reliques étaient exposées. Très rapidement, il s'éclipsa et prit, à toute allure, le chemin du retour.

Les habitants, gardiens du tombeau, se rendirent vite compte du vol et prirent en chasse notre intrépide chevalier.  

Lorsqu'ils le rattrapèrent, ils lui imposèrent une fouille totale, de ses vêtements, de ses sous-vêtements, et même au delà, sous le regard impassible de son cheval. Malgré leur recherche poussée, ils ne trouvèrent rien et furent obligés de laisser partir, avec regret, le cavalier et sa monture.

En s'éloignant, le chevalier fit une caresse amicale à son cheval et retira le doigt du saint qui était caché dans une oreille de l'animal.

Arrivé à la Séguinière, le cheval fit une ruade et frappa le portail de l'église avec tellement de force que la marque de son sabot s'y imprima. Cette empreinte fut très longtemps visible, jusqu'à la destruction de la porte pendant les guerres de Vendée.

Depuis ces temps anciens, on dit que jamais plus personne ne fut atteint de la rage sur le territoire de la Séguinière. Le dimanche après la Toussaint, la fête du patron des chasseurs Saint-Hubert étant le trois novembre, de nombreux pèlerins venaient prier devant l'autel de Saint-Hubert. Certains restaient à genou en tenant une bougie dans la main jusqu'à ce que la flamme vienne leur lécher le bout des doigts. Ce geste rappelait, par tradition, la clef de saint-Hubert qui était rougit et que l'on appliquait sur les morsures pour empêcher les personnes d'attraper la rage. Mais cette clef est, depuis bien longtemps, perdue.

 

 Après la messe, les gens avaient besoin de se restaurer. Les habitants de la Séguinière leur offraient donc à boire et à manger. Au fil du temps, le pèlerinage a cédé la place à notre fête locale qui existe toujours et que l'on appelle aujourd'hui la fête des boudins.